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Fêter le nouvel an : une mission de salut public?

Il n’est de moment plus consensuel et partagé à travers le monde. Pourtant cet événement précis est tout sauf une évidence. Un pur produit de l’esprit créatif de l’homo sapiens. Avant de nous souhaiter les uns et les autres le meilleur pour cette nouvelle année, interrogeons-nous sur les fondements de cette coutume festive du Nouvel An…

Depuis les travaux d’Albert Einstein il y a maintenant un siècle(1), on sait que la perception du temps est une illusion. Car celui-ci peut accélérer ou ralentir. Pourtant nous le connaissons intimement, puisque le temps rythme notre vie. Mieux il la gouverne. Pour mieux le maitriser, nous nous appliquons à le mesurer de façon toujours plus précise. Notamment en utilisant le mouvement prévisible de la Terre (à travers sa rotation quotidienne et son orbite circum-solaire).

Une connaissance intime dont personne ne sait vraiment parler
Le Nouvel An serait donc un moment précis dans la flèche du temps. Une distance exacte parcourue par notre maison spatiale. Que nenni puisque l’on doit au pape Grégoire de le fêter une fois tous les 4 ans un jour plus tard, pour compenser les presque 2,5 millions de kilomètres de retard accumulés depuis le dernier passage « à l’heure ».

Ce n’est pas du côté astronomique non plus que l’on peut chercher à travers les âges l’origine oecuménique de ce jour marquant puisqu’au cours de ces 2000 dernières années, notre alignement avec le soleil s’est décalé de la constellation du Scorpion en celle du Sagittaire. Ni même du côté météorologique puisque sous nos contrées, les 16 heures d’obscurité pour les 8 heures de jour sont l’exact inverse du vécu de l’hémisphère sud. Avez-vous d’ailleurs noté qu’il n’y a guère qu’en langue française que le mot temps recouvre deux réalités si distinctes : l’une chronologique, l’autre météorologique?

L'écoulement du temps

L’écoulement du temps

La réponse, Michel Serres(2) la tient peut-être : « La fête est un temps rare dans le temps ordinaire.[..] Ces instants exceptionnels sont simplement définis parce les règles se relâchent.[..]Il y a moins de hiérarchie, il y a moins de séparation, en particulier entre les sexes, on va danser, et ainsi de suite… » A l’instar de l’espace que l’on découpe pour en faire des lieux rares (lieux de culte, écoles, etc), la fête serait un morceau de cette 4eme dimension concourant à marquer le temps ordinaire qui file, que l’on perd, que l’on tue, …

« La vie en société, les visites, les cérémonies, et les fêtes sont toujours aimées ; c’est une occasion de mimer le bonheur ; et ce genre de comédie nous délivre certainement de la tragédie ; ce n’est pas peu. » affirme le philosophe Alain dans ses « Propos sur le bonheur ».

Fêter le nouvel an serait-il ainsi une mission de salut public? L’universalité de cette pratique viendrait-elle donc d’une nécessité ontologique? « Le monde ne va pas fort et une grande partie de ces maux semblent venir de l’usage qui y est fait du temps. » explique Jean-Louis Servan-Schreiber(3). Ce qu’en d’autres termes Ludwig Boltzamnn, physicien contemporain du père de la relativité restreinte, avait théorisé avec le concept d’entropie : tout état stable tend vers le désordre.

Bonne humeur 2014
En cette année 2014, où nous célébrons à la fois le 150e anniversaire du décès de George Boole auquel notre génération doit tant et le 10e de la naissance de Facebook auquel la génération Y doit tant également, je laisse le mot de la fin (2013 !) à Alain : « Je vous souhaite la bonne humeur. Voilà ce qu’il faudrait offrir et recevoir. Voilà la vraie politesse qui enrichit tout le monde, et d’abord celui qui donne. Voilà le trésor qui se multiplie par l’échange. [..]Il faut toujours se dire : ce n’est point parce que j’ai réussi que je suis content ; mais c’est parce que j’étais content que j’ai réussi. Et si vous allez quêter la joie, faites d’abord provision de joie. Remerciez avant d’avoir reçu. Car l’espérance fait naitre les raisons d’espérer, et le bon présage fait arriver la chose. »


(1) : La relativité générale est principalement l’œuvre d’Albert Einstein, qu’il a élaborée entre 1907 et 1915. Source Wikipédia.
(2) : La fête, chronique du 20 décembre 2009, édition Le Pommier
(3) : Trop vite, pourquoi nous sommes prisonnier du court terme, Jean-Louis Servan-Schreiber, édition Albin Michel

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Le travail grandit le français

Pas de quoi crier victoire, loin de là, mais des motifs d’espoir : c’est ce qui ressort à la lecture des chiffres de deux études récentes présentées dans le quotidien Les Echos du jour.

Deux études qui feront date

Les Echos du 31 juillet 2013

Les Echos du 31 juillet 2013

On le dit fainéant et arc-bouté sur la défense de ses acquis en refusant de voir que, du fait de la mondialisation, les pays occidentaux peinent dorénavant à procurer à leurs populations les moyens de gagner leur vie par… le travail. Or d’après le ministère du travail, le salarié français à temps complet travaille toujours plus, depuis et malgré la décrue brutale et systémique imposée par la loi de 1998. Ainsi les cadres au forfait-jour déclarent travailler 44,1 heures par semaine, en augmentation de 3,8% en durée annuelle au cours des 8 dernières années.

De son côté, un autre établissement de notre grande et belle administration, l’INSEE, s’est intéressé à la taille du Français et de la Française moyenne. Pour l’homme de base, celle-ci s’élève à 1,75m et pour la femme à 1,63m, soit une augmentation de près de 3 cm pour chacun des deux sexes depuis 1990. Tendance non sexiste (ouf!), avérée et linéairement corrélée avec l’espérance de vie puisque nous prenons environ un centimètre et 2,5 ans par décennie : nos aïeux en 1880 mesuraient 1,65m et vivaient moins de 50 ans.

Le travail c’est la santé
En mettant en perspective ces deux études, pourquoi ne pas se poser la question s’il y a une relation de cause à effet ? « Le travail c´est la santé. » chantait Henri Salvador. Et de poursuivre ainsi : « Rien faire c´est la conserver. Les prisonniers du boulot n’ font pas de vieux os. ». Pas si sûr ! Et si le travail faisait grandir ? Et vivre plus longtemps ?

Pour valider cette assertion révolutionnaire, allant à l’encontre de certaines idées reçues (et pas seulement syndicales), inversons la proposition pour voir si sa réversibilité est également valide : plus on est grand plus on travaille.

Il se trouve que cette hypothèse est confirmée par Marie Muzard dans son ouvrage « Ces grands singes qui nous dirigent » : « Dans toutes les espèces, les mâles alpha sont plus imposants que les autres.[..] Les chefs primates ont en commun une tendance à l’hyperactivité: la plupart des dirigeants n’aiment pas arriver les derniers au bureau ou en repartir les premiers… il faut qu’ils s’affichent en permanence dans le mouvement, y compris quand le commun des mortels est au repos. »

Ainsi comme pour toute bonne théorie, celle-ci s’auto-renforce : plus on travaille plus on est grand et plus on est grand plus on travaille. CQFD !

Une nouvelle dimension pour la valeur travail
On connaissait déjà l’importance du travail pour se positionner et gravir la pyramide d’Abraham Maslow. On découvre ici l’impact sur notre physionomie. Le message est clair et l’urgence évidente à l’heure où nos gouvernants se creusent la tête pour justifier l’augmentation de la durée de cotisation et la baisse corrélée mais inavouable des pensions du fait des carrières chaotiques (dans le privé). D’autant que depuis 2007, les statistiques de Pôle Emploi montrent que le chômage chez les plus de 50 ans a cru de 100% (touchant plus d’un million de personnes) quand il n’a augmenté « seulement que » de 50% pour les moins de 25 ans.

Rappelons pour conclure que l’Allemand moyen mesure 3 centimètres de plus et le Néerlandais type toise 5 centimètres plus haut que le Français. On sait dorénavant à quoi s’en tenir (et comment s’en sortir) que cela soit en termes de compétition sportive ou économique… Le changement c’est maintenant!

2013, l’année d’après la fin du monde

31 décembre 2012 2 commentaires

Cela devait être la dernière. Fort heureusement il n’en est rien. Ce qui nous procure donc le plaisir d’en vivre une nouvelle. Certes celle-ci aura un jour de moins, mais pas nécessairement avec moins d’actualités, tant l’accélération du temps est endémique à notre monde digital.

Inutile de faire une n-ième rétrospective. Qu’elles soient égrenées sous un angle optimiste ou pessimiste, elles ne manquent déjà pas de fleurir. Alors, que retenir de cette année écoulée ? D’autant que fondamentalement, elle n’a que confirmé le glissement en cours des quatre éléments (eau, terre, feu, air) de la philosophie naturelle pré-socratique vers les éléments de base de notre futur digital (les bits, l’atome, les neurones, les gènes connus sous l’acronyme BANG).

L'histoire continue

Maintes fois annoncée, autant de fois reportée, la fin du monde attendra encore

Point de nouveau BIG-BANG donc, en 2012. Pour ma part, le mois d’août restera le mois de référence de cette année. Pour l’entrée en exploitation du projet collectif d’exploration de Mars avec le rover Curiosity. Et pour le décès de celui qui est à jamais mon héro : Neil Armstrong.(1) Car Curiosity comme Armstrong (un nom à la musicalité décidément très changeante ;-)) portent en eux nombre de messages que chacun ne doit oublier à l’aube de cette nouvelle année. Un, l’Homme est encore capable du meilleur. Deux, l’espace est notre avenir. Trois, l’humilité, l’abnégation, et la persévérance sont sources de progrès pour l’humanité toute entière.

A l’heure où les principes de notre humanité sont remis en cause par l’hégémonie de l’immatériel sur le matériel et son corollaire le temps court de l’action (la réaction ?) sur le temps long de la réflexion, où ce qui nous distingue les uns des autres prévaut sur ce qui nous rassemble, les fondamentaux à atteindre en 2013 ne seront pas différents de 2012 : équité, fraternité, responsabilité. Les civilisations sont mortelles comme le rappelle Nicole Morgan. Et le vortex de la financiarisation du monde qu’elle décrit trouvera peut-être dans le cosmos un nouveau terrain de jeu prédateur. Mais derrière la fuite en avant, il y a la notion de vie n’est-ce pas ?

2013, année de… ?
« L’espérance, toute trompeuse qu’elle est, sert au moins à nous mener à la fin de la vie par un chemin agréable » conclurait François de la Rochefoucauld (Sentences et maximes morales). Alors après 2012 année de la « Loose », en 2013 année de la « b… » ? L’ambiguïté de cette affirmation devrait faire l’unanimité, auprès des optimistes comme des pessimistes! A ceux que cette prospective pourrait choquer, je ne demande pas pardon. Après tout, ne venons-nous pas d’échapper à la fin du monde ? Si le premier jour de cette nouvelle année qui s’ouvre on ne peut se permettre d’être grivois, les 364 suivants paraitront bien longs !

Bonne année, bonne santé, et bonne fortune à tous.

(1) : Dans mon Panthéon, la confirmation de l’existence de la particule « mystère », le boson dit de Higgs, s’ajoute en toute rigueur à ces deux événements. Mais c’était le 4 Juillet 🙂

Lance, Oscar et les Blade Runners

Et ils finirent par le bruler. Le 3 novembre 2012, à Edenbridge une effigie de Lance Armstrong, un temps considéré comme le plus grand cycliste de tous les temps a été brulée en place publique comme à la plus belle époque des chasses aux sorcières. Pourquoi une telle violence ? Le mensonge, ou même la déception d’admirateurs trahis suffisent-ils à expliquer une telle réaction primaire ? N’est-elle pas le reflet proportionnel d’un malaise… qui va bien au-delà la déception bien légitime à l’égard d’une idole convaincue de parjure ? Tentative d’explications.

L’homme aux deux coups de pédales par seconde avait une physiologie tout à fait semblable à celle d’un « cycliste professionnel lambda » rapporte la page Wikipédia du coureur. D’ailleurs son palmarès était tout à fait quelconque. A 25 ans, au sommet de sa plénitude physique il ne possédait qu’un titre de champion des Etats-Unis et… de champion du monde (càd qu’il n’avait gagné qu’une course d’un jour). Aucune classique, aucune course à étape. Mais cela c’était avant ! Avant un cancer et une tumeur au cerveau. Rien de moins. Dix-huit mois après, il remportait son premier Tour de France et les 6 suivants dans la foulée. Ce qu’aucun autre n’avait fait avant lui.

Rupture ontologique
Seuls les naifs ou les cyniques pouvaient croire que l’homme marchait à « l’eau claire ». Alors d’où vient le trouble ? La question vaut d’être posée lorsque le « cas Armstrong » est mis en perspective de l’Evénement du 4 août 2012 à Londres : la première participation, en mondovision, d’un cyborg aux Jeux Olympiques ! Evidemment, on doit se réjouir pour l’homme Oscar Pistorius que cette expérience lui ait été procurée. Mais pour l’Homme avec un H que penser ? Finalement, quelle différence sur le fond entre celui qui change son sang et prend des substances pour doper ses performances musculaires et celui qui augmente son corps avec des moyens techniques, en l’occurrence des jambes en carbone ?

La technologie transforme l’humain

A l’heure de jeter l’anathème sur tel ou tel, il est urgent de se poser la question de la place que nous souhaitons donner à la technologie dans nos vies. Pourquoi ne pas aller plus loin que la simple proposition de quelques uns appelant à la réunion sur un même lieu, des épreuves des « valides » et des « handicapés ». Et si à l’avenir il n’y avait pas deux épreuves courues l’une après l’autre, mais une seule et unique épreuve commune ? « Nous ne sommes plus dans l’anticipation ou la science fiction. Il n’est plus nécessaire d’extrapoler les réalités techniques d’aujourd’hui. Les technologies transforment la nature humaine. » expose le philosophe Jean-Michel Besnier(1).

Jusqu’où assumer nos idéaux de modernité ?
La techno-phobie comme la technophilie sont deux extrêmes vaines. Et réglementer s’avère impossible tant le changement est rapide. « Nous voyons tous que le monde dans lequel nous sommes nés est en train de disparaître avec ses repères, ses certitudes, ses valeurs. Nous entrons dans un nouveau monde qui n’a pas été pensé parce que le progrès, les changements vont plus vite que la pensée, que le temps sociologique » confirme Jean-Claude Guillebaud, auteur du « Principe d’humanité » (éditions du Seuil).

A l’instar des Blade Runners de Ridley Scott, force est de constater que nous souffrons déjà du mal que l’on cherche chez l’autre pour le vouer aux gémonies ! Car il n’est pas (plus) envisageable d’interdire par exemple le Smartphone à l’homme de la rue, le pacemaker au cardiaque, l’implant cérébral au parkinsonien, l’opération des yeux au golfeur, … Une étape irréversible a même été franchie le 20 mai 2010 au J.Craig Venter Institute avec l’annonce de la création par ordinateur de la première cellule synthétique. Et ce qui il y a 30 ans faisait l’objet d’un film d’anticipation (Firefox) avec Clint Eastwood est aujourd’hui un projet très avancé au DARPA : piloter le futur F35 à travers une interface neuronale directe.

La violente réaction d’Edenbridge serait alors tout simplement l’expression du désarroi face « au sentiment d’un étrange hiatus entre mutations scientifiques et techniques innombrables et réflexion sur l’humain » (2), face à une question ontologique à laquelle ni les religions ni les philosophies – hormis le post-humanisme – ne sauraient répondre : comment généraliser une position d’un cas particulier, dans le sens du refus ou de l’acceptation ? Où se place le curseur dans cette course à l’armement ? La question n’est pas qu’un effet de manches alors que les chercheurs de la Stanford University School of Medicine s’interrogent désormais sur ce qui différencie une femme d’un homme…

Alors, à votre avis, Lance et Oscar : tricheurs ou précurseurs ?


(1) : Le post-humanisme, édition De Vive Voix
(2) : Humain, une enquête philosophique sur ces évolutions qui changent nos vies, édition Flammarion

Une photo de profil… de face

Selon un sondage, plus exactement une statistique, qui en vaut d’autres tout aussi peu utiles et peu fiables, 15% de mes contacts sur les réseaux sociaux professionnels LinkedIn et Viadeo, n’ont pas de photo. Plus remarquable encore, ce sont à 80% des français !

Etonnant Gaulois ! Il avait déjà – avant même que la Cervoise ne coule à flots – banni le bon goût de ses festivités collectives en la personne du barde et ses arts musicaux. Le voilà qui dissimule un faux nez sous sa moustache pour pénétrer les réseaux sociaux ! Pour mieux protéger une liberté individuelle qu’il sent lui échapper ?

Du fait de nos modes de vie actuels avec moult téléphones portables, réseaux communautaires, cartes de fidélités, etc, la quantité d’informations stockées pour chaque individu a été multipliée par 3000 sur la dernière décennie, dépassant allégrement le téraoctet… Et promet d’augmenter d’un facteur équivalent au cours des 10 prochaines années, toujours à l’insu de notre plein gré, avec les nanotechnologies et l’essor des technologies sans fil RFID et NFC par exemple.

Réseaux sociaux asociaux
« La vie privée n’est plus ce qu’elle était » rappelle Alex Turk, (La vie privée en péril, des citoyens sous contrôle, éditions Odile Jacob), ancien président de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL). Et de relater un chat publié par Business Insider dans lequel Marck Zuckerberg, le héro des temps numériques s’exclame en 2004 : « J’ai près de 4000 adresses, mails, photos… Les gens me les ont données. J’ignore pourquoi. Ils me font confiance. Putain d’abrutis ! ». Evidemment 7 ans et 16 milliards de dollars après,  »cette même âme noble qui perce sous l’enthousiasme juvénile » d’expliquer dorénavant que le souci de préserver sa vie privée n’est plus la norme !

Peu importe après tout. L’argent (et/ou le pouvoir) pervertit les âmes les plus nobles. Ce n’est pas d’aujourd’hui. De la même façon, les technologies ne sont ni bonnes ni mauvaises. Seul le contexte de leur mise en œuvre compte. Dans le cas qui nous occupe, il appartient à chacun d’agir à sa guise (voir le billet Kafka 2.0 : Ce n’est pas parce que…). Mais ne pas s’identifier correctement sur les réseaux sociaux est un manque de savoir vivre ensemble (un comble pour un réseau dit social), alors même que ces technologies portent en elles les germes de l’intégration essentielle à nos sociétés plurielles.

La numérisation de notre société, donc de nos relations avec autrui, nécessite de la vigilance individuelle et collective. Voir une révolte face aux changements de comportement qui s’opèrent sans bruit, actuellement. A l’instar de la conscience ’’écologique’’ dans laquelle chacun économise un peu d’énergie, un peu d’eau, l’Homo Societatis moderne peut et doit avoir une prise de conscience ’’numérique’’. Il peut et doit pouvoir refuser de confier une information concernant sa vie privée, bloquer certains usages de son téléphone, etc. Mais il ne doit pas adapter le mode d’exercice de respect de sa vie privée et de son identité au développement des technologies numériques.

Est-ce d’ailleurs vraiment une ’’adaptation’’ que de ne pas révéler son identité – pleine et entière – à ses pairs ? Pour autant vouloir préserver sa vie privée n’est-il qu’’’une préoccupation pour les criminels’’ ? Ni l’un ni l’autre. A ces égards, on peut légitimement s’inquiéter (pas seulement pour notre code civil) des travaux en cours de plusieurs universitaires portant sur le concept de changement d’identité (et pas uniquement de l’identité numérique !) suite à une perte de contrôle de ses données personnelles au fil des usages d’Internet.

Préserver sa liberté individuelle, c’est-à-dire son libre arbitre, sa capacité à dire non merci, c’est d’abord remettre un peu d’humanité et de civisme dans la relation à autrui. Aussi, en tant que jeune vieux con – puisqu’il est entendu que je porte là un projet suranné – je vous le dis : mettez une photo de face sur votre profil avant de vouloir pénétrer mon réseau. Ou passez votre chemin!

Coup de gueule de soirée électorale

Ce soir à 20h00 et 1 seconde va se manifester un de ces phénomènes qui font douter de l’homme : la constitution d’une foule!

Gustave Le Bon disait en 1895 dans sa « psychologie des foules » : « dans l’âme collective, les aptitudes intellectuelles des hommes, et par conséquent leur individualité, s’effacent. Cette mise en commun de qualités ordinaires nous explique pourquoi les foules ne sauraient accomplir d’actes exigeant une intelligence élevée. Les foules accumulent non l’intelligence mais la médiocrité. L’individu en foule acquiert par le fait seul du nombre un sentiment de force invincible lui permettant de céder à des instincts que, seul, il eut forcément refrénés. »

Partisants du camp du vainqueur, quel qu’il soit, au moment de fêter la victoire comme des c…, essayez de vous souvenir que près de la moitié des français ne pense pas comme vous.

Vivement demain et le retour aux réalités individuelles… et collectives !

Vous innovez ? Et bien, communiquez maintenant !

Face à la pression concurrentielle, notamment des prestataires low-cost, l’innovation serait la recette miracle pour les entreprises. Sous-entendant que les nouveaux ateliers du monde dans les puissances émergentes n’(aur-)ont pas cette capacité d’excellence ! Quoiqu’il en soit, et sans doute parce qu’il est plus aisé de le dire que de le faire, les entreprises portent beaucoup d’attention à celle-ci.

D’autant que l’innovation, à l’instar de l’abondante prose existante sur le sujet, est protéiforme. Innover ce n’est pas uniquement réaliser de nouveaux produits ou services, c’est à dire aller sur (décrocher ?) la lune. Cela peut être aussi de les produire différemment, c’est-à-dire de s’y rendre par d’autres moyens (une fusée, une navette, une station orbitale,…).

Innovation et communication sont-elles miscibles ?
Etonnamment, alors qu’innovation est synonyme de changement, elle ne rime que rarement avec communication ! En particuliers, lorsque les changements portés par l’innovation se destinent aux processus internes de l’entreprise. Combien d’entreprises engagées dans des projets critiques, portés par la direction générale, doublent leurs initiatives d’un plan de communication à la hauteur des enjeux? J’entends ici une communication officielle (radio-moquette ne rentre pas dans cette classification) répondant aux propriétés de notre monde hyper-connecté. Dans un monde des affaires qui s’aplatit, une hiérarchie qui s’horizontalise, l’époque de la grande messe ponctuelle, ouverte au seul cercle des initiés/présents (tant pis pour les absents et pour les différents cercles concentriques de l’écosystème), dont l’interactivité se limite à une séance de questions/réponses rigide et convenue, est révolue.

Ce qui est en train de devenir la norme (même si la route est encore longue) pour la communication extérieure de la marque, à savoir tirer avantage de la communication par l’image (vidéo), des réseaux sociaux, de la mobilité pour des expériences connectées toujours plus engageantes, reste aujourd’hui à la porte de la communication interne de l’entreprise. Forrester prévoit pourtant que $2 milliards seront investis dans les programmes Marketing et Communication cette année, et près de $5 milliards en 2016.

Rappelons ici une évidence à mettre en perspective des enjeux. 90% des projets innovants (dans lesquels on inclut à la fois l’innovation d’exploitation dite défensive et l’innovation d’exploration dite offensive selon la dichotomie présentée par Paul Millier dans Stratégies et marketing de l’innovation technologique) sont des échecs patents. Car un, si ce n’est LE facteur principal d’échec tient à la communication.

Et la communication interne alors ?
Livre blanc e-MarketingIl va dans les projets de transformation comme dans les projets d’ingénierie qu’une information manquante, imprécise, changeante peut mettre à mal l’investissement global. Cette fameuse résistance au changement dont parlent les gourous du management n’est au final qu’un problème de communication, d’information, de formation. Or chacun le perçoit : en la matière, la qualité prime sur la quantité. Une information manquante, « non-officielle » ou bien abondante mais contradictoire impacte en premier lieu non pas le jugement de chacun, mais le degré de confiance dans son propre jugement. D’où la résistance par manque d’adhésion individuelle et collective au-delà du noyau dur.

« Dites la vérité car tôt ou tard le public l’apprendra et vous ne pourrez plus rien contrôler. Si les gens vous critiquent, changez votre façon de faire. » prêchait Ivy Lee, inventeur des relations publiques et de la communication de crise. Interrogeons-nous alors : les efforts que l’entreprise consent pour sa communication envers ses actionnaires, son marché, ses clients, ses partenaires ne devraient-ils pas également se tourner vers l’interne ? Poser la question c’est déjà y répondre, alors que les réseaux sociaux redistribuent les cartes de la communication d’entreprise, en mélangeant allègrement vie privée et vie professionnelle.

Pour vous familiariser avec les nouvelles pratiques et les potentialités du e-Marketing, je vous invite à télécharger (gratuitement) le livre blanc que j’ai eu le plaisir d’écrire avec mes amis Jean-Louis Bénard et Guillaume Mikowski. Si pour une raison quelconque vous ne l’obtenez pas après avoir rempli leur formulaire de mise en relation, je me ferais un plaisir de vous l’adresser personnellement.

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