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Posts Tagged ‘réseaux sociaux’

Une photo de profil… de face

Selon un sondage, plus exactement une statistique, qui en vaut d’autres tout aussi peu utiles et peu fiables, 15% de mes contacts sur les réseaux sociaux professionnels LinkedIn et Viadeo, n’ont pas de photo. Plus remarquable encore, ce sont à 80% des français !

Etonnant Gaulois ! Il avait déjà – avant même que la Cervoise ne coule à flots – banni le bon goût de ses festivités collectives en la personne du barde et ses arts musicaux. Le voilà qui dissimule un faux nez sous sa moustache pour pénétrer les réseaux sociaux ! Pour mieux protéger une liberté individuelle qu’il sent lui échapper ?

Du fait de nos modes de vie actuels avec moult téléphones portables, réseaux communautaires, cartes de fidélités, etc, la quantité d’informations stockées pour chaque individu a été multipliée par 3000 sur la dernière décennie, dépassant allégrement le téraoctet… Et promet d’augmenter d’un facteur équivalent au cours des 10 prochaines années, toujours à l’insu de notre plein gré, avec les nanotechnologies et l’essor des technologies sans fil RFID et NFC par exemple.

Réseaux sociaux asociaux
« La vie privée n’est plus ce qu’elle était » rappelle Alex Turk, (La vie privée en péril, des citoyens sous contrôle, éditions Odile Jacob), ancien président de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL). Et de relater un chat publié par Business Insider dans lequel Marck Zuckerberg, le héro des temps numériques s’exclame en 2004 : « J’ai près de 4000 adresses, mails, photos… Les gens me les ont données. J’ignore pourquoi. Ils me font confiance. Putain d’abrutis ! ». Evidemment 7 ans et 16 milliards de dollars après,  »cette même âme noble qui perce sous l’enthousiasme juvénile » d’expliquer dorénavant que le souci de préserver sa vie privée n’est plus la norme !

Peu importe après tout. L’argent (et/ou le pouvoir) pervertit les âmes les plus nobles. Ce n’est pas d’aujourd’hui. De la même façon, les technologies ne sont ni bonnes ni mauvaises. Seul le contexte de leur mise en œuvre compte. Dans le cas qui nous occupe, il appartient à chacun d’agir à sa guise (voir le billet Kafka 2.0 : Ce n’est pas parce que…). Mais ne pas s’identifier correctement sur les réseaux sociaux est un manque de savoir vivre ensemble (un comble pour un réseau dit social), alors même que ces technologies portent en elles les germes de l’intégration essentielle à nos sociétés plurielles.

La numérisation de notre société, donc de nos relations avec autrui, nécessite de la vigilance individuelle et collective. Voir une révolte face aux changements de comportement qui s’opèrent sans bruit, actuellement. A l’instar de la conscience ’’écologique’’ dans laquelle chacun économise un peu d’énergie, un peu d’eau, l’Homo Societatis moderne peut et doit avoir une prise de conscience ’’numérique’’. Il peut et doit pouvoir refuser de confier une information concernant sa vie privée, bloquer certains usages de son téléphone, etc. Mais il ne doit pas adapter le mode d’exercice de respect de sa vie privée et de son identité au développement des technologies numériques.

Est-ce d’ailleurs vraiment une ’’adaptation’’ que de ne pas révéler son identité – pleine et entière – à ses pairs ? Pour autant vouloir préserver sa vie privée n’est-il qu’’’une préoccupation pour les criminels’’ ? Ni l’un ni l’autre. A ces égards, on peut légitimement s’inquiéter (pas seulement pour notre code civil) des travaux en cours de plusieurs universitaires portant sur le concept de changement d’identité (et pas uniquement de l’identité numérique !) suite à une perte de contrôle de ses données personnelles au fil des usages d’Internet.

Préserver sa liberté individuelle, c’est-à-dire son libre arbitre, sa capacité à dire non merci, c’est d’abord remettre un peu d’humanité et de civisme dans la relation à autrui. Aussi, en tant que jeune vieux con – puisqu’il est entendu que je porte là un projet suranné – je vous le dis : mettez une photo de face sur votre profil avant de vouloir pénétrer mon réseau. Ou passez votre chemin!

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Vous innovez ? Et bien, communiquez maintenant !

Face à la pression concurrentielle, notamment des prestataires low-cost, l’innovation serait la recette miracle pour les entreprises. Sous-entendant que les nouveaux ateliers du monde dans les puissances émergentes n’(aur-)ont pas cette capacité d’excellence ! Quoiqu’il en soit, et sans doute parce qu’il est plus aisé de le dire que de le faire, les entreprises portent beaucoup d’attention à celle-ci.

D’autant que l’innovation, à l’instar de l’abondante prose existante sur le sujet, est protéiforme. Innover ce n’est pas uniquement réaliser de nouveaux produits ou services, c’est à dire aller sur (décrocher ?) la lune. Cela peut être aussi de les produire différemment, c’est-à-dire de s’y rendre par d’autres moyens (une fusée, une navette, une station orbitale,…).

Innovation et communication sont-elles miscibles ?
Etonnamment, alors qu’innovation est synonyme de changement, elle ne rime que rarement avec communication ! En particuliers, lorsque les changements portés par l’innovation se destinent aux processus internes de l’entreprise. Combien d’entreprises engagées dans des projets critiques, portés par la direction générale, doublent leurs initiatives d’un plan de communication à la hauteur des enjeux? J’entends ici une communication officielle (radio-moquette ne rentre pas dans cette classification) répondant aux propriétés de notre monde hyper-connecté. Dans un monde des affaires qui s’aplatit, une hiérarchie qui s’horizontalise, l’époque de la grande messe ponctuelle, ouverte au seul cercle des initiés/présents (tant pis pour les absents et pour les différents cercles concentriques de l’écosystème), dont l’interactivité se limite à une séance de questions/réponses rigide et convenue, est révolue.

Ce qui est en train de devenir la norme (même si la route est encore longue) pour la communication extérieure de la marque, à savoir tirer avantage de la communication par l’image (vidéo), des réseaux sociaux, de la mobilité pour des expériences connectées toujours plus engageantes, reste aujourd’hui à la porte de la communication interne de l’entreprise. Forrester prévoit pourtant que $2 milliards seront investis dans les programmes Marketing et Communication cette année, et près de $5 milliards en 2016.

Rappelons ici une évidence à mettre en perspective des enjeux. 90% des projets innovants (dans lesquels on inclut à la fois l’innovation d’exploitation dite défensive et l’innovation d’exploration dite offensive selon la dichotomie présentée par Paul Millier dans Stratégies et marketing de l’innovation technologique) sont des échecs patents. Car un, si ce n’est LE facteur principal d’échec tient à la communication.

Et la communication interne alors ?
Livre blanc e-MarketingIl va dans les projets de transformation comme dans les projets d’ingénierie qu’une information manquante, imprécise, changeante peut mettre à mal l’investissement global. Cette fameuse résistance au changement dont parlent les gourous du management n’est au final qu’un problème de communication, d’information, de formation. Or chacun le perçoit : en la matière, la qualité prime sur la quantité. Une information manquante, « non-officielle » ou bien abondante mais contradictoire impacte en premier lieu non pas le jugement de chacun, mais le degré de confiance dans son propre jugement. D’où la résistance par manque d’adhésion individuelle et collective au-delà du noyau dur.

« Dites la vérité car tôt ou tard le public l’apprendra et vous ne pourrez plus rien contrôler. Si les gens vous critiquent, changez votre façon de faire. » prêchait Ivy Lee, inventeur des relations publiques et de la communication de crise. Interrogeons-nous alors : les efforts que l’entreprise consent pour sa communication envers ses actionnaires, son marché, ses clients, ses partenaires ne devraient-ils pas également se tourner vers l’interne ? Poser la question c’est déjà y répondre, alors que les réseaux sociaux redistribuent les cartes de la communication d’entreprise, en mélangeant allègrement vie privée et vie professionnelle.

Pour vous familiariser avec les nouvelles pratiques et les potentialités du e-Marketing, je vous invite à télécharger (gratuitement) le livre blanc que j’ai eu le plaisir d’écrire avec mes amis Jean-Louis Bénard et Guillaume Mikowski. Si pour une raison quelconque vous ne l’obtenez pas après avoir rempli leur formulaire de mise en relation, je me ferais un plaisir de vous l’adresser personnellement.

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